Un crossover légendaire qui ne verra jamais le jour
Quand on évoque les séries télévisées capables de tisser un lien presque familial avec leur public, Supernatural figure toujours parmi les premières citées. Quinze saisons, deux protagonistes devenus des icônes et une longévité exceptionnelle pour une série de genre : les frères Winchester ont tout donné. Pourtant, un détail savoureux demeure dans les mémoires des fans — l'idée d'un crossover avec Smallville qui, il y a environ dix ans, aurait pu devenir l'un des événements les plus spectaculaires de l'histoire de The CW.
Une idée née dans la salle des scénaristes
L'information a refait surface en 2016, lorsque le scénariste de Supernatural Jackson Stewart a révélé qu'un épisode spécial avait été sérieusement envisagé au sein de l'équipe créative. Le concept ? Réunir la série sur les chasseurs de monstres et celle consacrée à la jeunesse de Clark Kent.
Les deux univers semblaient à première vue radicalement opposés : d'un côté l'Amérique rurale aux tons chaleureux et presque nostalgiques de Smallville, de l'autre l'horreur fantasy sombre et brute de Supernatural. Mais c'est précisément ce contraste qui aurait pu faire toute la force de l'opération, offrant aux Winchester une affaire hors du commun et aux spectateurs un croisement qui paraissait écrit dans les étoiles.
La malédiction de Superman au cœur de l'intrigue
Le moteur narratif de cet épisode potentiel était aussi simple que brillant : la légende urbaine de la « malédiction de Superman », cette conviction entretenue au fil des années selon laquelle incarner l'Homme d'Acier porterait malheur. Stewart s'est souvenu de l'idée qui l'avait le plus enthousiasmé :
« Il y avait des idées vraiment géniales que certains scénaristes avaient. L'un d'eux voulait faire un épisode sur une malédiction de Superman, basée sur le fait que chaque acteur ayant interprété Superman finissait par être tué. Ils découvraient alors que Tom Welling de Smallville était le prochain sur la liste et devaient le sauver. J'ai trouvé que c'était l'une des idées les plus amusantes que j'aie jamais entendues. »
En somme, le mythe aurait été transformé en malédiction bien réelle, forçant Sam et Dean à intervenir pour protéger le visage emblématique de Smallville.
Supernatural, maître du jeu méta
La série avait déjà prouvé à maintes reprises qu'elle excellait dans l'art du méta-commentaire et des réalités alternatives. Des épisodes comme Hollywood Babylon — où les Winchester se retrouvent sur le tournage d'un film d'horreur — témoignent de sa parfaite aisance à dépeindre l'industrie du divertissement comme terrain idéal pour le surnaturel.
Mais c'est surtout The French Mistake qui avait ouvert la voie la plus prometteuse, en projetant Sam et Dean dans un univers où ils sont de simples acteurs jouant leur propre rôle. Un tel précédent rendait le crossover encore plus naturel, permettant de jouer simultanément sur plusieurs niveaux de lecture.
Jensen Ackles et son lien personnel avec Smallville
Il existait d'ailleurs un lien bien concret entre les deux séries : Jensen Ackles avait passé le casting pour le rôle de Clark Kent et avait été le deuxième choix des producteurs, avant de rejoindre Smallville en tant que Jason Teague. En repensant à cette expérience, l'acteur avait souligné l'absurdité amusante de sa situation :
« Ma partie préférée de toute cette histoire, c'est que je jouais un coach de l'équipe de football dont Clark était le quarterback. Sauf qu'en réalité, je suis plus jeune que Welling dans la vraie vie — et d'une manière ou d'une autre, les producteurs s'en fichaient complètement. »
Le plus grand "et si" de l'ère télévisuelle
Avec de telles prémices, ce crossover semblait réunir tous les ingrédients du succès : un concept narratif irrésistible, un jeu méta parfaitement adapté au ton de Supernatural, et une superposition réelle de casting et d'anecdotes des coulisses.
Pourtant, le projet n'a jamais abouti, laissant aux fans l'un des plus grands « et si » de l'histoire de la télévision : l'opportunité du crossover du siècle, abandonnée alors qu'elle était encore à portée de main.













