«Tu ne peux pas lui faire ça !» : cette scène de La Fiancée! était trop choquante pour le film

Un film qui repousse les limites du gothique classique

La Fiancée! s'apprête à débarquer sur grand écran avec une promesse audacieuse : réinventer de fond en comble l'univers de la créature gothique la plus célèbre de l'histoire du cinéma. Derrière la caméra, Maggie Gyllenhaal — également scénariste du projet — a opté pour une relecture ouvertement révisionniste de la relation amoureuse entre la Fiancée et Frankenstein, d'une manière que le cinéma n'avait encore jamais osé montrer. Si extrême, en réalité, que la production et les projections-tests ont fini par intervenir : certaines des scènes les plus perturbantes ont été coupées ou largement atténuées.

Des projections-tests qui ont tout changé

C'est Gyllenhaal elle-même qui l'a révélé lors d'un épisode du podcast The Interview du New York Times, évoquant la fabrication du film avec Jessie Buckley et Christian Bale, ainsi que sa première confrontation directe avec la mécanique industrielle hollywoodienne.

«Il y a des violences sexuelles. Il y a de la violence. Parce que c'est un grand film de studio, nous l'avons testé encore et encore», a-t-elle expliqué. «Nous avons organisé de grandes projections dans des centres commerciaux, où les gens venaient le regarder — une expérience que je n'avais jamais vécue ni comme actrice ni comme réalisatrice. Et l'une des choses qui est ressortie, c'est la violence : est-ce trop violent ?»

La question du genre derrière la caméra

Face à ces réactions, Gyllenhaal raconte en avoir discuté avec une amie, qui lui a posé une question difficile à ignorer : «Je me demande si tu avais été un homme à faire ce film, si tu aurais eu la même réponse.»

Les pressions ne se sont pas arrêtées là. «Warner Bros nous a demandé de retirer un peu de violence du film lors des projections-tests, donc ce que vous voyez est déjà légèrement édulcoré par rapport à ce qui existait à l'origine», a-t-elle précisé. Pour la réalisatrice, il était fondamental que cette brutalité ne soit jamais purement décorative ou sans conséquence.

«L'une des choses qui m'importait vraiment, c'est que chaque personne tuée ou blessée — au moins le temps d'un instant — soit quelqu'un que nous avons eu le temps de connaître», a-t-elle ajouté. «Il y a la version Stormtrooper de tuer des gens, avec des masques blancs et aucune identité. Et puis il y a la version où chaque mort a un poids et un coût réels.»

La violence sexuelle, un sujet ouvertement revendiqué

Le point le plus sensible reste néanmoins la représentation de la violence sexuelle. «Je veux aussi parler des violences sexuelles, parce que c'est une autre chose pour laquelle on m'a attaquée», a-t-elle admis. «Quelques femmes m'ont dit : "Je ne veux pas voir une femme se faire violer."»

Loin de nier l'impact de ces séquences, la réalisatrice le revendique pleinement : «Moi non plus, je ne veux pas voir ces choses. Et pourtant, c'est une réalité importante dans la culture dans laquelle nous vivons. Donc si nous devons le voir d'une façon qui est très difficile à regarder, parce que c'est terrible… je crois néanmoins que nous pouvons le supporter.»

La scène qui résume tout : Frankenstein, du vomi noir et un refus net

Il y a pourtant un détail précis qui illustre mieux que tout jusqu'où allait sa vision initiale, avant les coupes. En évoquant ses échanges avec la direction de Warner Bros, Gyllenhaal se souvient d'une intervention sans appel de Pam Abdy :

«Maggie, tu ne peux pas laisser Frankenstein lécher du vomi noir sur le cou de la Fiancée. C'est simplement trop. Tu ne peux pas faire ça.» Une phrase qui ressemble à un veto définitif — et qui, selon la réalisatrice, est pourtant venue de quelqu'un qui «comprenait pourquoi je le voulais». Mais pas suffisamment pour la laisser l'inclure dans le montage final.

À quand la sortie en France ?

La Fiancée! arrive dans les salles à partir du 5 mars 2026 avec Warner Bros. Une histoire d'amour et d'horreur sans limites — ou presque. Êtes-vous prêts à plonger dans cet univers aussi fascinant que dérangeant ?

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