Entre curiosité et obsession : le nouveau film de Rémi Bezançon
Il existe une frontière ténue — et souvent irrésistible — entre la simple curiosité et l'obsession. C'est précisément dans cet espace que s'installe Le Crime du 3e étage, le nouveau film de Rémi Bezançon, bientôt attendu sur les écrans. Dès le trailer, la nature du projet se dessine avec clarté : une comédie élégante et raffinée qui s'amuse à réinterpréter les atmosphères et les mécanismes du cinéma d'Alfred Hitchcock, en jouant notamment avec l'univers de l'un de ses titres les plus mythiques.
Une intrigue qui mêle crise de couple et voisins suspects
Le film se déroule dans un immeuble bourgeois cossu et suit Anna et Pierre, un couple aisé en pleine crise, englué dans la répétition d'un quotidien de plus en plus vide de sens. Elle est une grande passionnée du cinéma hitchcockien, lui est un écrivain de thrillers reconnu : deux univers qui, inévitablement, finissent par se mêler lorsque leurs nouveaux voisins du troisième étage captent leur attention.
Ce qui commence comme un passe-temps presque anodin prend rapidement une tout autre tournure, plongeant les protagonistes dans un tourbillon de soupçons, d'indices troublants et de possibilités de plus en plus sombres.
Un hommage assumé à Fenêtre sur cour
La référence la plus évidente est naturellement Fenêtre sur cour, le chef-d'œuvre réalisé par Alfred Hitchcock en 1954 avec James Stewart et Grace Kelly. Dans ce film culte, un photographe contraint à l'immobilité observe depuis sa fenêtre les voisins de l'immeuble d'en face et finit par se convaincre d'avoir été témoin des indices d'un meurtre.
Le Crime du 3e étage semble s'emparer de cette même intuition narrative, en la transposant dans un registre plus léger et ironique. Ici aussi, tout naît d'un regard indiscret tourné vers l'extérieur, d'une curiosité qui se mue en suspicion, et d'un couple qui projette ses peurs, ses fantasmes et ses désirs sur la vie des autres.
Le trailer du Crime du 3e étage
Le trailer dévoile déjà le ton particulier du film : une tension constamment tempérée par une ironie complice, une mise en scène soignée qui flirte avec les codes du thriller classique tout en assumant pleinement sa dimension de comédie sophistiquée.
Bezançon signe un jeu de miroirs entre réel et fiction
Bezançon, déjà salué pour Le Premier Jour du reste de ta vie, revient à la comédie en construisant un récit qui alterne ironie et tension, réalité et imagination, dans un jeu de miroirs permanent. Le mystère n'est pas simplement le moteur narratif de l'histoire — il est aussi l'élément qui relance la dynamique entre les deux protagonistes.
Comme l'a lui-même expliqué le réalisateur : «Ce qui m'intéressait, c'était de jouer avec la porosité entre le réel et la fiction. Et, au fond, j'aimais l'idée que ce qui sauve un couple, c'est justement la fiction.»
Un casting trois étoiles du cinéma français
Le film réunit trois visages très populaires du cinéma français contemporain : Laetitia Casta, Guillaume Gallienne et Gilles Lellouche. Le résultat, à en juger par ces premières images, est celui d'un film qui choisit le ton du divertissement intelligent pour rendre hommage à Hitchcock, tout en explorant désirs, paranoïas et fragilités dissimulées derrière la façade impeccable de la bourgeoisie.
Le Crime du 3e étage sort en salles à partir du 16 avril, distribué par Notorious Pictures.













