L’unique Oscar de Leonardo DiCaprio revient au cinéma

L’unique Oscar de Leonardo DiCaprio revient au cinéma

Il y a quelque chose d’un peu ironique là-dedans. Leonardo DiCaprio a été nommé cinq fois aux Oscars pour son jeu. Cinq fois à attendre dans une salle immense, sous des lumières trop blanches. Et une seule statuette. Une seule, en 2016, pour le meilleur acteur.

Le film en question, The Revenant (connu en Italie sous le titre Revenant – Redivivo), revient aujourd’hui en salle pour célébrer ses dix ans. Une ressortie mondiale, prévue du 2 au 4 mars, qui passera aussi par le Royaume-Uni, la France, l’Australie, le Mexique et d’autres pays. Dix ans déjà. On a l’impression que c’était hier qu’on regardait DiCaprio ramper dans la neige, le visage à moitié figé, presque méconnaissable.

Une victoire attendue

Le film avait remporté trois Oscars en 2016. Celui de DiCaprio, évidemment. Mais aussi celui du meilleur réalisateur pour Alejandro G. Iñárritu, et celui de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki.

On se souvient surtout de la longue attente. Des mèmes, des blagues répétées chaque année sur internet. Comme si la carrière de DiCaprio se résumait à cette récompense qui n’arrivait pas. Et quand elle est enfin tombée, ce n’était pas pour un rôle flamboyant ou bavard, mais pour un personnage presque mutique, épuisé, poussé par l’instinct de survie plus que par les mots.

Une histoire de survie

Le film est tiré d’un scénario signé Mark L. Smith et Alejandro G. Iñárritu, en partie basé sur le roman de Michael Punke.

L’histoire s’inspire de faits réels. On y suit un pionnier du XIXe siècle, laissé pour mort après une attaque brutale. Il survit à un hiver glacial, seul dans une nature sauvage qui n’a rien de romantique. Pas de musique héroïque. Pas de discours inspirants. Juste la faim, le froid, la douleur. Et ce besoin presque animal de revenir pour venger la mort de son fils.

Il y a aussi Tom Hardy au casting. Un antagoniste trouble, sale, ambigu. Pas un méchant caricatural. Plutôt un homme façonné par la même brutalité que le monde qui l’entoure.

Dix ans après

La ressortie est organisée par 20th Century Studios. Dans leur communiqué, ils rappellent la genèse du film, la production, l’adaptation, l’inspiration historique. C’est très institutionnel. Propre.

Mais ce qui reste, ce n’est pas le communiqué. Ce sont les images. La lumière naturelle, presque irréelle. Les plans interminables. Le souffle court du personnage.

Il y a dix ans, on parlait surtout de “performance physique”, de viande crue mangée devant la caméra, de tournage extrême. Aujourd’hui, ce qui frappe davantage, c’est le silence. La solitude. Cette obstination presque absurde à continuer d’avancer quand tout invite à s’arrêter.

Sur Esquire, Giulio Zoppello a récemment reparlé du film à l’occasion de cet anniversaire. Pas pour en faire un monument intouchable, mais pour rappeler ce qu’il représentait à l’époque — et ce qu’il représente peut-être différemment aujourd’hui.

Revoir The Revenant en salle, dix ans plus tard, ce n’est pas seulement revoir le seul Oscar d’un acteur souvent nommé. C’est se demander ce qu’on voit maintenant que le bruit autour de la récompense est retombé. Est-ce qu’on regarde encore une performance ? Ou simplement un homme qui marche dans la neige, obstinément, sans garantie d’arriver quelque part.

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