Tous les nommés à l’Oscar 2026 du Meilleur Acteur, classés

Cette année, la catégorie Meilleur Acteur aux Oscar ressemble à ces éditions rares où personne ne ferait scandale en gagnant. Cinq performances solides, très différentes, presque impossibles à comparer. Et pourtant, si on les met côte à côte, des nuances apparaissent. Voici un classement — forcément subjectif — des cinq nommés.

5. Ethan Hawke — Blue Moon

 Ethan Hawke

Cinquième ici, mais ce n’est en rien une faiblesse. Blue Moon marque sa première nomination comme acteur principal, après plusieurs mentions en second rôle et pour ses scénarios (Before Sunset, Before Midnight).

Sous la direction de Richard Linklater, Hawke incarne Lorenz Hart avec une transformation étonnante. Gênant, nerveux, parfois presque antipathique, mais traversé par une fragilité palpable. On sent l’amertume d’un homme voyant son ancien partenaire connaître le succès sans lui. Ce n’est pas un rôle spectaculaire — c’est un rôle qui s’infiltre lentement.

4. Michael B. Jordan — Sinners

 Michael B. Jordan

Double rôle, double défi. Sous la caméra de Ryan Coogler, Jordan incarne les frères Elijah « Smoke » Moore et Elias « Stack » Moore. Deux tempéraments opposés : l’un plus léger, l’autre marqué par le passé.

Ce qui impressionne, c’est la clarté de la distinction. Il n’y a jamais confusion. Les gestes, les silences, même la façon de regarder diffèrent. Et quand l’intrigue bascule vers l’horreur — vampires, sang, chaos — l’émotion reste ancrée dans leur lien fraternel. Jordan porte le film sans donner l’impression d’en faire trop.

3. Wagner Moura — The Secret Agent

Wagner Moura

La performance la plus discrète du groupe. Dans le film de Kleber Mendonça Filho, Moura joue Marcelo Alves avec une retenue presque déstabilisante. Beaucoup passe par les regards, les micro-expressions.

On l’observe, immobile dans une station-service douteuse ou silencieux dans un bureau, et la tension naît simplement de ce qu’il pourrait faire. Quand le masque se fissure, l’impact est d’autant plus fort. Première nomination, mais certainement pas la dernière si l’on en juge par la maîtrise affichée ici.

2. Leonardo DiCaprio — One Battle After Another

 Leonardo DiCaprio

Ces dernières années, DiCaprio a révélé un talent comique qu’on sous-estimait. Ici, chez Paul Thomas Anderson, il pousse encore plus loin cette veine. Son ex-révolutionnaire Bob Ferguson est à la fois père inquiet et source constante de situations absurdes — parfois simplement en essayant de se souvenir d’un mot de passe.

Mais derrière l’humour, il y a une vraie intensité dramatique. Le dernier acte, lorsqu’il doit sauver sa fille, rassemble toutes ses qualités : timing comique, tension nerveuse, vulnérabilité. Une performance complète, dense, qui prouve qu’il continue à se réinventer.

1. Timothée Chalamet — Marty Supreme

Timothée Chalamet

À 30 ans, Chalamet devient le plus jeune acteur depuis Marlon Brando à décrocher trois nominations dans cette catégorie. Dans le film de Josh Safdie, il incarne Marty Mauser, personnage frénétique, imprévisible, parfois insupportable — mais magnétique.

Il peut être à la fois héros et obstacle à lui-même. Il prend de mauvaises décisions, parle trop, se sabote… et pourtant on veut le voir réussir. C’est là que réside la force de sa performance : rendre attachant quelqu’un qui, sur le papier, ne l’est pas forcément.

S’il fallait parier, cette année pourrait bien être la sienne. Et à son âge, c’est presque absurde de dire qu’il paraît déjà « attendu » pour une victoire. Pourtant, face à une telle concurrence, rien n’est acquis. C’est ce qui rend cette catégorie si passionnante.

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